Catégories
chronique

Rupi Kaur offre Lait et Miel, de l’Instapoésie bien illustrée

Si tu as quelques problèmes de mémoire comme moi et que tu entres en confusion facilement, il ne s’agit pas du miel et des abeilles, la série un peu cul cul (mais drôle) des années 90, mais un recueil de poèmes d’une jeune Instapoétesse Canadienne. Ma confusion vient aussi de la couverture de l’édition de poche avec des abeilles. Rupi Kaur s’est fait connaître sur Instagram et a vendu des millions d’ouvrages. Dans ce premier recueil, elle parle et dessine, sans détours, de violences sexuelles, de guérison, d’amour et de condition féminine. Je vais te donner mon avis très subjectif sur Lait et Miel, qui m’a beaucoup plu.

Si tu veux quand même découvrir la sitcom des années 90, (qui n’a vraiment rien à voir avec le recueil de Rupi Kaur) suit ce lien. Je te préviens, c’est une sitcom française des années 90, attention aux yeux. Les clichés et la laque sont de sortie, mais c’est aussi marrant. La série peut te faire penser à autre chose si tu trouves le recueil un peu trop dur.

Comme je propose tout le temps un peu de musique pour accompagner mes articles, voici aujoud’hui un mix d’une jeune New-Yorkaise dans une rave d’aliens. Avec son ami Jojo ils ont fondé le Book Club Radio et le « concept » no phone on the club. J’adore ses sélections. Ses mixs sont toujours plein de pépites et en plus elle danse bien.

Rupi Kaur : Une Instapoétesse au Parcours Inspirant

Rupi Kaur est née en Inde dans une famille Sikh (minorité persécutée) avant d’émigrer au Canada à l’âge de 4 ans. Elle note dans ses poèmes autobiographiques que sa naissance fut sa première disparition (du ventre de sa mère). Sa deuxième fut celle d’être une fille et de devenir invisible, comme son père lui a fait comprendre très tôt. Elle est une « Instapoet ». On peut dire qu’elle a su redevenir visible en évacuant tout ce qui l’entravait. Même très visible : Forbes U30, New-York Best Sellers, Milk & Honey vendu à 3,5M d’exemplaires (auto-publication), 4.5M de followers sur instagram…

‘Souffrir’ : Plongée dans la Première Partie du Livre

La première partie du livre s’intitule souffrir, et il faut s’accrocher pour la lire. Elle écorche et nous fait ressentir ses cicatrices. Elle peut aussi rouvrir les tiennes alors rien ne t’oblige à la lire. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti. J’ai d’ailleurs abandonné une première fois. Heureusement pour moi, je suis aussi passé par un certain nombre de phases réparatrices dont elle parle par la suite. J’ai lu la version française et je ne peux pas juger l’original, mais le texte est direct. Il ne laisse pas trop de place aux questions. Elle peint des images claires violentes.

L’Attrait des Beaux Objets : Mon Expérience avec l’Édition de Poche

J’avais découvert ces ouvrages à la Fnac. Pour la sortie française je crois. J’avais énormément apprécié l’objet : une couerture en toile avec un texte embossé. C’est mon type de couverture préféré. Qu’il s’agisse de livre ou d’albums vinyles, j’adore ce type de couverture. Je trouve ça super classe. Très noble. Et je pense que le classique ne se démode pas. Derek Sivers semble être de mon avis car tous ses livres ont ce genre de couverture. Malheureusement, l’édition que j’ai achetée pendant les fêtes de noël est celle de poche… J’avais des chèques cadeau à écouler et la fnac n’avait plus la belle version que je voulais.

rupi kaur - lait et miel

Lecture Rapide mais Profonde : Conseils et Réflexions

C’est un livre qui se lit assez vite, même si le contenu est dense. J’ai mis environ une heure à le lire tout en prenant des notes sur mes impressions ou pour relever des passages qui me touchaient particulièrement. Si tu veux le lire et que tu n’as pas beaucoup d’argent, tu peux donc très bien tirer profit de la loi qui nous autorise en tant que client à retourner un produit dans les 14 jours. Grâce au droit de rétractation, la Fnac peut très bien se transformer en médiathèque de produits frais. Ca peut aussi te permettre d’augmenter ta vitesse de lecture : par exemple, 1 livre en 15 jours ou 2 livres dans le même temps et le ramener. Évidemment, quand on commence à lire un livre qu’on aime, c’est parfois plus éthique de le garder. On est content de rétribuer un travail d’artiste. Mais, je sais que parfois, ça peut être compliqué financièrement alors prends soin du livre, lis le tranquille chez toi et ramène-le une fois lu ? En faisant attention à changer d’heure et de personne si tu prends l’habitude de faire ça.

Les Quatre Thèmes de ‘Lait et Miel’ : Une Exploration Poétique

Pour en revenir au livre, les 4 parties s’intitulent : souffrir, aimer, rompre, guérir. Elles sont à peu près équivalentes en termes de nombre de pages (40 à 60), à l’exception de souffrir qui est la moins longue. Chaque partie est agrémentée de dessins de Rupi Kaur. Je ne suis pas spécialiste de poésie donc je ne saurait dire de quelle techniques il s’agit. Je peux simplement dire que certaines poèmes ressemblent à des haïkus, en trois lignes, très courts. D’autres sont un peu plus longs, et racontent une histoire. Ils peuvent d’ailleurs se suivre et se répondre. J’ai parfois eu du mal à comprendre de qui il s’agissait. Et j’ai donc des questions en suspens. Par exemple, parle-t’elle de sa mère quand elle parle d’un parent alcoolique ? Son jeune âge ne fait pas d’elle une auteure sans expérience. Je crois que vivre des traumatisme telle qu’elle en a vécu, oblige à grandir et se poser des questions beaucoup plus tôt et beaucoup plus profondément. Je fais le parallèle avec ma propre expérience, tout en cachant la vérité, ce qui demande aussi beaucoup d’effort de compréhension, on s’aperçoit dans certains cas d’une maturité avancée. Par exemple on me disait souvent que je faisais de très bonnes auto-analyse quand je faisais des bilans en tant que jeune animateur. Et pour cause : je savais quelle image je voulais transmettre et laquelle je voulais absolument cacher par honte.

Ce qui m’a également frappé, c’est de retrouver plusieurs similitudes avec mes propres ressentis. Je sais bien qu’on a tendance à s’identifier à l’auteur. Et d’autant plus quand on partage des expériences similaires. Mais je me pose donc des questions sur la similitude de ses expériences pour des personnes aux vécus différents. Sans ce type précis de traumatisme. Et pour ceux qui le partagent, est-ce qu’on ressent tous la même chose ? Sommes-nous un peu les mêmes ? Très sensibles, à fleur de peau. Avec des sentiments complètement enfouis, tellement enterrés qu’il faut une vie entière pour les remettre à jour. Un travail minutieux d’archéologue des sentiments.

Partage d’Expériences et Invitation au Dialogue

Si tu as vécu la même chose et que tu veux en parler avec moi, je suis disponible, tu peux me laisser un message via la page contact. Si tu veux parler avec moi, tu peux aussi prendre rdv ici. Je suis passé par plein de choses et je peux dire que je reviens de loin. Je me suis départi de l’alcool et d’autres addictions. Et mon chemin n’est toujours pas terminé, car au moment où j’écris, j’ai porté plainte et une enquête est en cours. J’attends la suite. Je pense être mieux armé maintenant. Regarde ce vocabulaire guerrier. Dépose ta honte. Ce n’est pas ta faute. Parles-en. Ne reste pas seul(e). #metoo #hetoo

#hetoo : j’ai découvert cet hashtag avec Tim Ferriss. Il a, lui aussi, été victime d’un trauma intense très jeune (vers 4 ans). C’est Debbie Millman, l’amie qui interview Tim Ferriss, qui propose cet hashtag. Voici le transcript du podcast qu’il considère comme le plus important de sa vie : https://tim.blog/2020/09/16/how-to-heal-trauma-transcript/.

Je reviens aux questions, voici celles que je me suis posées. Si tu te poses les même, nous pouvons en discuter (commentaire, contact, rdv).

p. 31 : prendre sa place, est-ce une question récurrente chez les victimes de viol ? est-ce qu’on a tous cette impression de ne pas trouver notre place ? de ne pas avoir notre place ? est-ce parce-qu’on s’est fait tout petit ? qu’on s’est recorquvillé pour ne tenter d’échapper à la souffrance ? ce qui en réalité est un réflexe qui nous déssert énormément, car en se recroquevillant, en enterrant tout bien profond, on s’enterre soi-même. Se faire tout petit. Invisible. Vide. Se sentir vide. Vidé de l’intérieur. Même sensation pour moi. Sensation de ne plus savoir vivre. Souffle coupé. Avoir la sensation de ne plus du tout avoir de sentiments.

p. 33, elle se fait vider comme un cantaloup. Son agresseur la râcle avec les doigts pour ne pas en laisser une miette.

p.35 : la double disparition (j’en parle au début de l’article) => naissance et invisibilité donnée par le père. L’art d’être vide.

p. 92 : la femme après moi sera une version pirate, est-ce encore un thème récurrent ? moi aussi je rêve de devenir pirate. Je suis d’ailleurs devenu un peu hacker (avant de comprendre que c’était vraiment très difficile), je vois aussi l’entrepreneuriat comme une sorte de piraterie moderne, dans le sens où les entrepreneurs / digital nomads, sont libres d’aller où ils veulent grâce à leur butin.

p.99: beau et triste (tu liras)

p.110:
« tu donnes et tu donnes,
jusqu’à ce qu’ils extirpent tout de toi
et te laissent vide » => idem, spécifique des traumatisés de continuer de se faire violer / vider en se donnant «  » »volontairement » » » ?

p.113 à fleur de peau,

p. 115 : victime et bourreau : oui, on continue à se faire mal nous-même. En se cachant ou en se croyant fort.

p.116 :

je te défais
de ma peau

rupi kaur – lait et miel – p.116

p.125 : un très beau dessin de mains : j’ai été fasciné et complexé par mes mains et d’autres parties de mon corps. Est-ce la même chose ?

p.129 : se recoudre fait mal, se guérir est douloureux

p.132 : beau
« Comment mon amour peut-il mourrir
s’il est écrit
dans ces pages »

p. 134: de beaux corps dessinés

p. 136 : l’amour ne meurt jamais, il est toujours là.

p.142 : déteste les égoïstes + très dure avec elle-même

Comme pour ajouter à son invisibilité, et à son insignifiance, elle ne met aucune majuscule. Le titre du livre ainsi que ses noms et prénoms sont aussi sans majuscule. Le livre ne comporte aucune majuscule.

(Dans mon interview de Paul Schmidt de fxhash je parle aussi de ma non utilisation de majuscule pour mon pseudo artistique : copeau)

Par la suite elle expose des idées comme aimer = d’abord s’aimer soi-même, guérir aussi => je suis entièrement d’accord et j’en ai fait le même constat, on est seul et c’est à l’intérieur de soi qu’on doit d’abord trouver la paix et la joie. Pour moi, tout un parcours m’a amener (ou ramener) à la méditation et à une routine et une discipline que je ne peux pas briser sous peine de ressombrer.

… bon je crois qu’il faut le lire… si tu veux connaître toutes mes annotations, tu peux me le dire en commentaire, j’en ai encore plein. Je suis un très mauvais preneur de notes. J’en prends beaucoup trop. Je ne suis pas assez synthétique…

L’Art, la Poésie, et les NFTs : L’Expression du Vide

Je pense à mes propres travaux artistiques : minorisation = suppression de couleurs. AAAPPA, je voulais le sous-titrer l’art du vent, même si c’est un jeu de mot avec vendu, je veux aussi dire que je ne suis que du vide / vent. En me dessaisissant à la fois de mon œuvre et de sa contrepartie (son prix), je finis avec rien. Aussi vide qu’avant. Ma pièce « vide » qui m’en venue à la suite de ma sensation d’invisibilité dans une expo et la création de la femme invisible. Mon billet 27, brûlé, il n’existe plus.

Est-ce une fascination ? Est-ce que le vide nous attire ? Comme un trou noir ? Comme un vertige ? Est-il nécessaire pour se reconstruire ? Est-ce que je recherche le vide aussi maintenant à travers le minimalisme pour trouver une échappatoire ? Est-ce que ma mission est de parler de cette épreuve pour que plus jamais aucun enfant ne subisse jamais la même souffrance ? Est-ce qu’invisibiliser et supprimer apport vraiment un plus ? Est-ce que le moins apporte le plus : moins d’objet = plus de visibilité, moins de projet = plus de concentration donc plus de résultat. C’est en tout cas ce que je lis. En revanche, cacher n’est pas effacer. C’est le contraire de vider. C’est garder quelque chose qui va prendre tellement de place, qu’on ne s’en rendra plus compte sauf quand il sera trop tard, qu’on se sera tiré une balle thérapeutique ou qu’on aura sombré dans un caniveaux ou au fond d’un fossé.

Ah, au fait, la poésie est aussi un format / un art qui peut se mettre en NFT. Tu peux minter des images de textes. Ou même le texte entier. Par exemple, fxhash, permet de minter du texte (sur Tezos). Et tu peux aussi réciter, lire tes poèmes et minter de l’audio sur n’importe quelle blockchain. Evidemment tu peux aussi faire un pdf 🙂 (le plus évident me vient à la fin, quoi de plus logique 😉

Tu as ❤ aimé l'article ?

J'ai créé un guide pour te lancer rapidement dans le crypto art.

Tu y découvriras :

  • La blockchain
  • Les NFTs
  • L'installation d'un wallet crypto
  • La frappe et la vente ton premier NFT
Si tu as aimé l'article, tu es libre de le partager ;)

Par François

J'ai créé le blog L'Artiste Crypto dans le but d'aider les artistes amateurs comme moi à se professionnaliser. Je souhaite apporter de l'inspiration en documentant la poursuite d'un objectif : devenir crypto artiste et réussir sur le Web3. A travers des articles, des vidéos et des interviews j'espère y parvenir et te faciliter la tâche.

Laisser un commentaire